Quand la DME réveille des choses en moi que je croyais réglées

Je ne m’attendais pas à ça. Quand j’ai commencé la DME, je pensais que ce serait une histoire de textures, de morceaux, de sécurité, de patience. Je pensais que ce serait une méthode, une façon de faire, un apprentissage pour mon bébé.

Mais la DME a réveillé des choses en moi que je ne pensais plus sentir. Des choses enfouies. Des choses anciennes. Des choses que je croyais réglées.

Je me souviens d’un repas où bébé hésitait. Il touchait à peine, il repoussait, il détournait la tête. Et moi, sans comprendre pourquoi, j’ai senti une boule dans ma gorge. Une émotion qui n’avait rien à voir avec lui. Une émotion qui venait de loin.

C’était comme si chaque geste de mon bébé venait appuyer sur une partie de mon histoire. Sur ma propre relation avec la nourriture. Sur mes souvenirs d’enfance. Sur les repas où je devais finir mon assiette. Sur les remarques qu’on me faisait. Sur les moments où je me sentais observée, jugée, comparée.

La DME m’a renvoyée à tout ça. À ces petites blessures que je pensais avoir oubliées. À ces sensations que je croyais avoir dépassées. À ces peurs que je ne voulais plus ressentir.

Et pourtant… elles sont revenues. Pas pour me faire mal. Mais pour me montrer quelque chose.

Je me suis vue, à travers lui. Je me suis vue petite, à table. Je me suis vue essayer de plaire, de faire bien, de ne pas décevoir. Je me suis vue avaler des choses que je n’aimais pas, juste pour éviter une remarque. Je me suis vue me juger, me comparer, me cacher.

Et j’ai compris que la DME n’était pas seulement un apprentissage pour mon bébé. C’était un apprentissage pour moi aussi. Un miroir. Un révélateur. Un espace où je pouvais enfin faire autrement.

Quand je le regarde toucher un aliment sans obligation, je me dis : “Moi, je n’ai pas eu ça.” Quand je le vois refuser sans peur, je me dis : “Moi, je n’avais pas le droit.” Quand je le vois explorer sans pression, je me dis : “Moi, j’aurais aimé qu’on me laisse le temps.”

Et c’est là que quelque chose change. Quelque chose se répare. Quelque chose s’apaise.

Parce qu’en lui offrant une autre façon de découvrir la nourriture, je m’offre aussi une autre façon de me regarder. De me comprendre. De me pardonner.

La DME réveille des choses en moi, oui. Des choses que je ne m’attendais pas à revisiter. Des choses qui font parfois mal, parfois peur, parfois trembler.

Mais elle réveille aussi des forces. Des prises de conscience. Des guérisons silencieuses. Des promesses que je me fais à moi-même : ne pas transmettre ce qui m’a blessée, ne pas répéter ce qui m’a pesé, ne pas imposer ce que j’ai subi.

La DME, c’est mon bébé qui apprend à manger. Mais c’est aussi moi qui apprends à me libérer. À me reconstruire. À aimer autrement. À transmettre différemment.

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