Il y a quelque chose que personne ne m’avait dit avant que je commence la DME : ce n’est pas seulement bébé qui doit apprendre à manger autrement… c’est aussi moi qui dois apprendre à encaisser les remarques.
Parce que dès que tu dis “je fais la DME”, tu vois les sourcils se lever. Les regards se croiser. Les petites phrases glisser, parfois sans méchanceté, mais qui piquent quand même.
“Tu n’as pas peur qu’il s’étouffe ?” “Moi je donnerais une purée, c’est plus sûr.” “Il ne mange pas beaucoup, non ?” “Tu es sûre que c’est une bonne idée ?” “Ça fait beaucoup de bazar pour pas grand-chose.” “À mon époque, on ne faisait pas ça.”
La première fois que j’ai entendu ça, j’ai senti mon cœur se serrer. Je me suis demandé si j’étais en train de faire une erreur. Si j’étais trop confiante. Si j’étais en train de compliquer les choses pour rien. Si j’étais une maman “bizarre”.
Et puis, un jour, j’ai compris quelque chose d’important : les remarques des gens ne parlent pas de moi. Elles parlent de leurs peurs, de leurs habitudes, de leur époque, de leur façon de faire.
Moi, je fais autrement. Et c’est ok.
Je me souviens d’un repas chez quelqu’un. Bébé avait son petit bâtonnet de patate douce. Il explorait, il touchait, il goûtait un peu. Et là, j’entends : “Il ne mange rien, tu devrais lui donner une cuillère.”
J’ai respiré. J’ai regardé mon bébé. J’ai vu son regard concentré, ses petites mains qui essayaient, son envie de comprendre. Et j’ai répondu calmement : “Il apprend. C’est ça, la DME.”
Ce jour-là, j’ai senti une force nouvelle. Une confiance qui n’était pas là au début. Une certitude douce : je sais pourquoi je fais ça.
Parce que la DME, ce n’est pas juste une méthode. C’est une philosophie. C’est une façon de laisser bébé découvrir à son rythme. C’est une manière de lui faire confiance. C’est accepter que les repas soient parfois chaotiques, parfois magnifiques, parfois déroutants.
Les remarques, elles existent toujours. Mais elles ne me touchent plus de la même façon.
Parce que moi, je vois ce que les autres ne voient pas : les progrès minuscules, mais réels. la coordination qui s’améliore. la curiosité qui grandit. la confiance qui s’installe. les petites victoires qui ne ressemblent à rien pour les autres, mais qui sont énormes pour nous.
Aujourd’hui, quand quelqu’un me fait une remarque, je souris. Je sais que je fais ce qu’il y a de mieux pour mon bébé. Je sais que je suis une bonne maman. Je sais que la DME nous apporte quelque chose de précieux : des repas qui sont des découvertes, pas des obligations.
Et surtout, je sais que les remarques ne définissent pas ma façon d’être mère. Elles ne définissent pas mon bébé. Elles ne définissent pas notre histoire.
Nous, on avance à notre rythme. Et c’est très bien comme ça.
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