Ce que la DME m’a appris sur ma façon d’aimer

Je ne pensais pas que la DME allait toucher quelque chose d’aussi profond en moi. Je croyais que ce serait une méthode, une façon de manger, une étape de plus dans la maternité. Mais la DME m’a appris quelque chose que je n’avais jamais vraiment regardé en face : ma façon d’aimer.

Je me souviens d’un repas où bébé hésitait. Il touchait un morceau, le lâchait, le reprenait, le regardait comme s’il essayait de comprendre le monde à travers ses doigts. Et moi, je le regardais. Pas pour qu’il mange. Pas pour qu’il “réussisse”. Juste pour être là.

Et c’est là que j’ai compris : aimer, ce n’est pas contrôler. Aimer, c’est accompagner.

La DME m’a appris à aimer autrement. À aimer sans imposer. À aimer sans diriger. À aimer sans précipiter. À aimer sans corriger chaque geste.

Aimer, c’est laisser l’autre essayer. Tomber. Recommencer. Explorer. Se tromper. Revenir. Grandir.

Je me suis vue, dans ces repas. Je me suis vue vouloir l’aider trop vite. Vouloir lui montrer comment faire. Vouloir éviter qu’il se salisse, qu’il se frustre, qu’il se fatigue.

Et puis j’ai compris que ce n’était pas ça, aimer. Aimer, ce n’est pas éviter les obstacles. Aimer, c’est être là quand ils arrivent.

La DME m’a appris à aimer avec patience. À aimer avec confiance. À aimer avec douceur. À aimer avec distance parfois, pour lui laisser la place d’essayer.

Elle m’a appris que l’amour n’est pas dans le “faire à sa place”. Il est dans le “je suis là, et je te regarde devenir toi”.

Quand je le vois attraper un morceau seul, je vois plus qu’un geste. Je vois un petit être qui se construit. Qui découvre. Qui s’affirme. Qui prend sa place dans le monde.

Et moi, je découvre une version de moi que je ne connaissais pas. Une version qui aime autrement. Une version qui aime en laissant faire. Une version qui aime en laissant grandir. Une version qui aime en laissant respirer.

La DME m’a appris que l’amour n’est pas une performance. Ce n’est pas un résultat. Ce n’est pas une assiette vide ou pleine. Ce n’est pas un repas “réussi”.

L’amour, c’est ce moment où je le regarde, les mains pleines de nourriture, le visage concentré, le cœur ouvert. Et je me dis : “Je t’aime assez pour te laisser apprendre. Je t’aime assez pour ne pas te presser. Je t’aime assez pour te faire confiance.”

La DME m’a appris que ma façon d’aimer peut évoluer. Qu’elle peut devenir plus douce. Plus libre. Plus vraie.

Et finalement, c’est peut-être ça, le plus beau cadeau que cette méthode m’a offert : elle n’a pas seulement appris à mon bébé à manger. Elle m’a appris, à moi, à aimer autrement.

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