Il y a eu un jour, au milieu de notre aventure DME, où mon bébé a tout refusé. Rien ne lui convenait. Ni les bâtonnets de patate douce, ni les quartiers de poire, ni les pâtes, ni même les aliments qu’il adorait d’habitude. Il regardait son assiette, puis me regardait, puis repoussait tout d’un geste sec. Et moi, je restais là, un peu démunie, un peu vexée, un peu inquiète.
Je crois que c’est ce jour-là que j’ai compris que les repas ne seraient jamais une ligne droite. Qu’il y aurait des hauts, des bas, des surprises, des moments faciles et d’autres où rien ne se passe comme prévu.
Au début, je me suis demandé ce que j’avais mal fait. Est-ce que j’avais trop cuit ? Pas assez ? Est-ce que la texture n’était pas bonne ? Est-ce que je m’étais trompée quelque part ? J’ai même pensé que peut-être la DME n’était pas faite pour nous.
Mais en l’observant, j’ai vu autre chose. Ce n’était pas un refus contre moi. Ce n’était pas un caprice. Ce n’était pas un échec. C’était juste un bébé qui vivait une journée différente. Un bébé qui avait peut-être moins faim, moins envie, moins d’énergie. Un bébé qui, comme nous, a des moments où rien ne lui plaît.
Ce jour-là, j’ai appris à ne pas prendre les refus comme un jugement. À ne pas les interpréter. À ne pas me remettre en question à chaque bouchée. J’ai appris que les repas ne sont pas une performance, ni pour lui, ni pour moi.
J’ai aussi appris à regarder les signaux. Quand il détournait le regard, quand il repoussait l’assiette, quand il jouait plus qu’il ne mangeait, il me disait quelque chose. Il me disait qu’il n’avait pas faim. Qu’il était fatigué. Qu’il avait besoin d’autre chose que de nourriture à ce moment-là.
Alors j’ai arrêté le repas. Sans insister. Sans négocier. Sans essayer de le convaincre. Je l’ai simplement sorti de sa chaise, et on est passé à autre chose. Un câlin, un jeu, un moment calme. Et tout s’est apaisé.
Ce refus m’a appris la patience. La vraie. Celle qui ne cherche pas à contrôler, qui ne cherche pas à forcer, qui accepte que l’enfant ait son propre rythme. Il m’a appris que la DME n’est pas une méthode où tout réussit du premier coup. C’est une méthode où on observe, où on s’adapte, où on laisse la place à l’enfant.
Il m’a aussi appris à lâcher prise. À comprendre que ce n’est pas grave si un repas ne se passe pas comme prévu. Que ce n’est pas grave si bébé ne mange pas beaucoup un jour. Que ce n’est pas grave si l’assiette revient presque intacte.
Parce que le lendemain, il a mangé. Avec envie. Avec curiosité. Comme si la veille n’avait jamais existé.
Et c’est là que j’ai compris que les refus ne sont pas des obstacles. Ce sont des messages. Des moments de pause. Des étapes normales dans l’apprentissage.
Aujourd’hui, quand il refuse, je ne panique plus. Je ne me sens plus en échec. Je ne cherche plus à analyser chaque détail. Je me dis simplement : “C’est un jour sans. Et demain sera différent.”
Ce que ce moment m’a appris, finalement, c’est que la DME n’est pas seulement une façon de nourrir son enfant. C’est une façon de le comprendre. Une façon de l’écouter. Une façon de respecter son rythme, même quand il ne ressemble pas au nôtre.
Et c’est peut-être ça, le plus beau dans cette méthode.
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