Je crois que c’est quelque chose qu’on découvre avec le temps :
la sécurité en DME ne commence pas quand il met un morceau dans sa bouche.
Elle commence bien avant.
Parfois dix minutes avant.
Parfois une heure avant.
Parfois dès qu’on pense au repas.
Je m’en suis rendu compte un jour où tout allait de travers.
Il était fatigué, moi aussi.
La chaise n’était pas bien réglée.
La cuisine était bruyante.
J’étais pressée.
Et je me suis dit :
“Ce n’est pas le bon moment.”
Pas parce que l’aliment était dangereux.
Parce que l’environnement l’était.
Depuis ce jour-là, j’ai changé ma façon de préparer les repas.
Pas seulement les aliments.
Le cadre.
🌿 1. Vérifier son état à lui
Avant même de couper quoi que ce soit, je le regarde.
Juste quelques secondes.
Est‑ce qu’il est fatigué ?
Est‑ce qu’il est excité ?
Est‑ce qu’il a faim ?
Est‑ce qu’il a envie ?
Un bébé qui n’est pas disponible…
ce n’est pas un bébé en sécurité.
Je préfère décaler le repas de cinq minutes plutôt que de le mettre à table dans un mauvais état.
🌿 2. Installer correctement la chaise
Je ne pensais pas que ça avait autant d’importance.
Mais la posture, c’est la base.
Je vérifie toujours :
- dos droit
- bassin stable
- pieds posés
- table à la bonne hauteur
Quand il est bien installé, je le vois tout de suite :
il explore mieux, il gère mieux, il respire mieux.
La sécurité commence par une chaise bien réglée.
🌿 3. Créer un environnement calme
Pas besoin de silence total.
Juste un espace où il peut se concentrer.
J’éteins la télé.
Je baisse un peu le bruit.
Je range ce qui traîne.
Je m’assois près de lui.
Pas pour le surveiller comme une policière.
Pour être présente.
Un bébé qui mange dans le calme… mange en sécurité.
🌿 4. Préparer les aliments sans précipitation
Je coupe mieux quand je ne suis pas stressée.
Je choisis mieux quand je ne suis pas pressée.
Je réfléchis mieux quand je ne suis pas dans le rush.
Alors maintenant, je prends mon temps.
Je coupe en bâtonnets, en lamelles, en morceaux fondants.
Je vérifie les textures.
Je goûte parfois.
Je m’assure que tout est adapté.
La sécurité, c’est aussi une question de préparation.
🌿 5. Me préparer moi aussi
Ça peut sembler étrange, mais c’est vrai :
la sécurité dépend aussi de mon état à moi.
Si je suis stressée, il le sent.
Si je suis tendue, il le voit.
Si je suis ailleurs, il le ressent.
Alors avant le repas, je fais un petit geste simple :
je respire.
Une vraie respiration.
Une qui me ramène.
Une qui dit :
“Je suis là.”
Et ça change tout.
🌿 6. Avoir confiance dans le moment
La sécurité, ce n’est pas seulement éviter les dangers.
C’est créer un cadre où il peut apprendre.
Un cadre où il peut explorer.
Un cadre où il peut se tromper sans risque.
Quand je sens que tout est prêt — lui, moi, l’environnement, les aliments —
je sais que le repas sera serein.
Pas parfait.
Pas toujours simple.
Mais sécurisé.
💛 Ce que j’ai compris avec le temps
La sécurité en DME n’est pas un geste.
Ce n’est pas une règle.
Ce n’est pas une technique.
C’est une préparation.
Une ambiance.
Une intention.
Une présence.
Quand tout est posé avant le repas,
le repas lui-même devient plus doux,
plus fluide,
plus naturel.
Et c’est là que la magie opère :
il apprend,
il découvre,
il progresse…
en sécurité.
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