Les émotions que je cache pendant les repas… même si je devrais les accepter

Il y a des choses que je ne dis pas. Des choses que je ne montre pas. Des choses que je garde pour moi, comme si elles étaient trop lourdes, trop intimes, trop “pas parfaites” pour être partagées.

Et souvent, ces choses-là apparaissent… pendant les repas.

La DME a cette façon étrange de réveiller des émotions que je ne m’attendais pas à ressentir. Des émotions que je cache. Des émotions que je n’assume pas toujours.

Je me souviens d’un repas où bébé refusait tout. Il détournait la tête, repoussait l’assiette, pleurait un peu. Et moi, j’ai senti une frustration monter. Une frustration que je n’ai pas osé montrer. Alors j’ai souri. J’ai dit “c’est ok”. J’ai fait semblant d’être calme.

Mais à l’intérieur, je ne l’étais pas.

Je me souviens d’un autre repas où tout tombait par terre. Un morceau après l’autre. Et moi, j’ai senti une fatigue immense. Une fatigue que je n’ai pas exprimée. Parce que je voulais être cette maman douce, patiente, sereine. Alors j’ai respiré. J’ai ramassé. J’ai continué.

Mais à l’intérieur, j’étais épuisée.

Il y a aussi ces repas où je me sens… triste. Pas pour lui. Pour moi. Pour ce que je porte. Pour ce que la nourriture représente dans mon histoire. Pour ce que je ne veux pas transmettre. Pour ce que je voudrais réparer.

Cette tristesse, je ne la dis pas. Je la cache. Je la range. Je la recouvre d’un sourire.

Et puis il y a la peur. La peur qu’il s’étouffe. La peur qu’il ne mange pas assez. La peur de mal faire. La peur d’être jugée. La peur d’être observée.

Cette peur, je la cache aussi. Parce que je veux paraître confiante. Parce que je veux qu’il sente que je crois en lui. Parce que je veux être forte.

Mais à l’intérieur, parfois, je tremble.

La vérité, c’est que la DME n’est pas seulement un apprentissage pour mon bébé. C’est un apprentissage pour moi. Un apprentissage émotionnel. Un apprentissage de vulnérabilité. Un apprentissage de vérité.

Je découvre que je cache mes émotions parce que je veux être “la bonne maman”. Celle qui gère. Celle qui ne doute pas. Celle qui ne flanche pas. Celle qui reste calme quoi qu’il arrive.

Mais la DME me montre que je n’ai pas besoin d’être parfaite. Que je peux être humaine. Que je peux être fatiguée. Que je peux être frustrée. Que je peux être triste. Que je peux être inquiète.

Que je peux être moi.

Et finalement, je crois que ces émotions que je cache… ce sont elles qui me montrent à quel point j’aime mon bébé. À quel point je veux bien faire. À quel point je veux lui offrir une relation à la nourriture plus douce que la mienne. À quel point je veux le protéger, l’accompagner, le laisser grandir.

Alors oui, je cache parfois mes émotions pendant les repas. Mais je commence à comprendre que je n’ai pas besoin de les cacher. Que je peux les accepter. Que je peux les regarder. Que je peux les apprivoiser.

Parce qu’elles font partie de moi. Et parce qu’elles font partie de notre histoire.

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