Le jour où mon bébé n’a rien mangé… et ce que ça m’a appris

Il y a des jours où je prépare le repas avec une motivation que je ne m’explique même pas. Je coupe les légumes, je vérifie les textures, je fais cuire doucement, je goûte, je recommence. Je veux que ce soit parfait. Je veux que ce soit simple pour lui. Je veux que ce soit un moment doux pour nous deux.

Et puis… il ne mange rien.

Il regarde l’assiette comme si je lui avais posé un objet venu d’une autre planète. Il touche du bout des doigts, juste pour voir. Il écrase un morceau, sans même essayer de le porter à sa bouche. Il détourne la tête. Et moi, je sens cette petite boule dans la gorge. Ce mélange de déception, de doute, de fatigue.

Je me suis déjà demandé : “Pourquoi il ne mange pas ? Qu’est‑ce que j’ai raté ? Est‑ce que je fais mal ?”

Ce jour‑là, j’ai eu envie de tout arrêter. De ranger l’assiette, de dire “tant pis”, de me dire que la DME c’était trop pour moi. Parce que quand on est maman, on met tellement d’énergie dans ces petits moments… que quand ça ne marche pas, ça fait mal.

Mais la vérité, c’est que ce jour‑là, j’ai compris quelque chose d’important. Ce n’était pas un échec. Ce n’était pas un problème. Ce n’était même pas un “mauvais repas”.

C’était juste… un jour où il n’avait pas envie. Un jour où il voulait toucher plutôt que goûter. Un jour où il avait besoin d’explorer sans manger. Un jour où son corps disait “pas maintenant”.

Et moi, j’ai appris à respirer. À poser la cuillère. À le regarder faire. À accepter que la DME, ce n’est pas “manger à chaque repas”. C’est découvrir. C’est essayer. C’est refuser. C’est revenir. C’est progresser sans qu’on s’en rende compte.

Ce jour‑là, il n’a rien mangé. Mais il a appris quelque chose. Et moi aussi.

J’ai appris que je ne suis pas une mauvaise maman parce qu’il refuse un repas. J’ai appris que son appétit n’est pas un jugement sur mes compétences. J’ai appris que la DME n’est pas une performance. J’ai appris que je fais de mon mieux. Et que ça suffit.

Le lendemain, il a mangé un petit morceau. Juste un. Un progrès minuscule, mais réel. Et j’ai souri. Parce que parfois, c’est tout ce dont on a besoin.

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